Les collectifs jeunes : un atout majeur !

Pas moins de 60 000 jeunes nouveaux embauchés sont entrés à la SNCF depuis 2000.
Dans ce contexte, la direction n’a cessé de vouloir casser l’entreprise de service public en mettant à mal la culture cheminote.
Le patronat essaie régulièrement d’utiliser les jeunes et de jouer sur le conflit intergénérationnel pour diviser les salariés. La direction de la SNCF voudrait utiliser ces nouveaux cheminots comme vecteurs et cibles de son projet néfaste. Elle tente de s’appuyer sur leur manque d’expérience pour imposer des modifications de l’organisation du travail, de la réglementation, de notre statut et parfois même la baisse des salaires avec la mise en place des rémunérations individuelles. L’un des moyens mis en œuvre par la direction, les gouvernements successifs, les médias et certaines organisations syndicales pour décourager cette génération est de lui faire croire que la SNCF serait une entreprise comme les autres, obligée
de se conformer aux règles de la « concurrence libre et non faussée », de la compétitivité et de la rentabilité. Il s’agit de faire oublier tout ce qui fait la particularité du service public et de détruire dans le même temps la culture cheminote.
En opposition à cette stratégie, la CGT et son activité en direction des jeunes veulent recréer des collectifs de travail et maintenir notre culture d’entreprise de service public, qui place la réponse aux besoins des usagers et les conditions sociales, de vie et de travail des cheminots au premier plan, plutôt que la recherche effrénée de profits.
Pour notre organisation, ces attaques qui ciblent la jeunesse sont des remises en cause des droits de l’ensemble des salariés. Considérant l’importance de prendre en compte la spécificité de ces salariés, la CGT a donc voté des orientations en ce sens lors des derniers congrès confédéraux, fédéraux et de syndicats afin que les jeunes deviennent une priorité dans notre activité syndicale. Nous devons amplifier la mise en œuvre de nos orientations dans toutes nos structures, car l’expérience a montré que, là où des initiatives sont prises en direction des jeunes, ils nous rejoignent, dans les syndicats comme dans les luttes.
Répondre aux aspirations des jeunes
Quel syndicalisme pour répondre aux aspirations des jeunes cheminots ?
Deux conceptions s’affrontent aujourd’hui : celle de luttes, portée par la CGT, et celle d’accompagnement des mesures patronales, du type CFDT ou Unsa. Le syndicalisme réformiste, appelé aussi « d’accompagnement » consiste à accompagner et même à soutenir des reculs sociaux pour les salariés (réformes ferroviaires, accord salariaux) en se justifiant ainsi : « On n’avait pas le choix, ça aurait été pire sans nous. » Ce renoncement revendicatif, remettant en cause la capacité des salariés à agir pour faire bouger les lignes, a comme conséquence de remplacer les luttes collectives par un simple lobbying de « super élu » déconnecté des réalités des salariés.
Les directions mettent alors en place des pratiques managériales prétendument participatives basées sur de pseudo-négociations menées sans rapport de forces, et conduisent une véritable offensive idéologique dont le but est de faire croire qu’il n’y a pas d’opposition entre les salariés et le patronat et que nos intérêts seraient les mêmes… Vieille rengaine usée jusqu’à la corde et qui a largement démontré sa nocivité.
La CGT : un syndicalisme responsable
En opposition à ce type de syndicalisme, celui de luttes porté par la CGT repose sur plusieurs principes fondamentaux : la revendication, les propositions, l’action et la négociation, avec, comme fil conducteur, « gagner des avancés sociales pour améliorer la situation des salariés ».
La CGT porte des propositions fortes, à l’instar de « La voie du service public SNCF », en partant des intérêts et besoins des salariés, et agit pour qu’elles se concrétisent. L’action, appelée aussi mobilisation, quelle qu’en soit la forme, permet d’établir un rapport de forces entre les attaques de la direction et les revendications de la CGT. Le niveau de celui-ci peut se mesurer de différentes manières : nombre d’adhérents, de voix aux élections, de signatures sur une pétition, de manifestants, pourcentage de grévistes.
Pour la CGT, c’est seulement le niveau de ce rapport de forces qui détermine le résultat d’une négociation.
Nos revendications, c’est avec les syndiqués que nous les élaborons et les faisons connaître en proximité, au plus près du quotidien des salariés, afin qu’ils puissent se les approprier. Autre caractéristique de notre syndicalisme : il conteste la vision selon laquelle les intérêts du capital (patrons, actionnaires) seraient identiques à ceux des salariés. Prenons un exemple. Sur la question du logement, qui est un problème pour beaucoup de jeunes cheminots, la réponse du syndicalisme réformiste, c’est de développer la colocation. Pour la CGT, c’est de porter des revendications sur la construction de logements adaptés aux besoins des cheminots, la limitation du montant des loyers ; c’est d’en finir avec la vente du patrimoine immobilier de la SNCF et de créer les conditions de la mobilisation pour obtenir satisfaction. On voit bien là qui porte la vraie réponse aux besoins. C’est plus exigeant mais « ça paye » !
Notre syndicalisme refuse également la collaboration de classe, qui ne bénéficie qu’aux patrons. Il est le seul qui a fait la preuve qu’il pouvait répondre concrètement aux aspirations des jeunes. La direction de la SNCF en est d’ailleurs bien consciente puisqu’elle met énormément de moyens pour porter sa propagande en direction des jeunes cheminots.
À l’instar de ce qu’elle avait organisé dans toutes les régions au début des années 2000 (accueil, suivi individuel, réception, colloque…), elle envisage d’ailleurs de faire de la question de l’intégration des jeunes une priorité pour l’année 2015.
Cette stratégie démontre, d’une part la nécessité pour la direction de se préoccuper à nouveau des jeunes, et ce en plus des moyens qu’elle développe sur les chantiers pour les amadouer et les convaincre, et d’autre part que la jeunesse ne se laisse pas aveugler, malgré les promesses, voire le chantage.
En tant que première organisation syndicale à la SNCF, la CGT a la responsabilité de s’intéresser et de s’occuper des jeunes cheminots au quotidien. Cela passe par une activité régulière à mener dans leur direction, en proximité sur tout le territoire, quels que soient le grade, le collège, le métier ou la zone géographique. Cette exigence prend encore plus d’acuité en région parisienne, au regard du nombre important d’embauches qui se font en Île-de- France et du caractère de laboratoire de transformation culturelle que revêt cette région.
Des jeunes pas si résignés !
Il est de coutume de dire que les jeunes ne s’intéressent à rien, qu’ils se moquent du service public, de leurs conditions sociales et ne pensent qu’à leur smartphone ou leur tablette… Bref, qu’il est inutile de compter sur eux. Nous ne sommes pas de cet avis ! Dans le cadre des mobilisations de 2014, la « génération smartphone » a fait la démonstration de sa combativité, de son implication et de sa maîtrise, y compris technique, des sujets clés dans l’entreprise.